Le temps de la réflexion
A l’issue de ma première saison en Ligue 1 se terminant malheureusement par une relégation injuste, se pose désormais la question de mon départ. Je ne pars donc pas en Guadeloupe l’esprit tranquille. Je suis pris entre l’envie de rester en Ligue 1 et celle de ne pas quitter le navire au plus mauvais moment pour le club de mon cœur. Les propositions sont bien présentes et je me tourne naturellement vers M. Fortin, Président du Stade Malherbe. Mais les discussions, honnêtes de part et d’autre, n’aboutissent à rien de concret. M. Fortin ne veut pas me laisser partir et me propose le challenge de faire remonter le club aussitôt. Pour relever ce défi, il me propose le capitanat. Cette fois, ma décision est prise, j’accepte de rester. Ce choix est de toute façon plus conforme à mon tempérament.
Des débuts chaotiques
Je suis donc désormais le relais entre Franck Dumas et le groupe. Nous partons avec une grande confiance puisque l’effectif est de qualité. Mais nous tomberons de haut avec 4 défaites consécutives face à des équipes de catégorie moyenne. Nous sommes lanterne rouge et je pars en sélection alors que Malherbe reçoit Amiens. Victoire 3 à 0. Je reviens à Caen avec un sentiment mitigé et je commence à me poser de sérieuses questions quant à mon influence dans l’entre jeu. Heureusement, des garçons comme Aziz ou Brahim sont d’un grand et précieux soutien. Vient ensuite une longue période où l’équipe se stabilise avec de bons résultats dans l’ensemble. Mais nous effectuons trop de matchs nuls. A la trêve, nous sommes tout de même en embuscade (6e). Nous terminons sur une belle victoire 3-1 face à Brest.
La proposition de l'OL
Alors que je m’apprête à passer les fêtes en famille avant de reprendre le championnat pied au plancher, Lyon et Bernard Lacombe me contacte au mercato en raison de la blessure de Caçapa. Un événement inattendu qui me pousse à reprendre contact avec M. Fortin qui, même s’il comprend ma position, ne veut pas entendre parler d’un départ en cours de saison. Alors, malgré la fierté d’avoir été contacté par le grand Lyon, je décide de ne pas donner suite. L’arrivée de Muller a été aussi prépondérante.
De la pluie au beau temps
La reprise est cauchemardesque. Défaite à la maison contre Reims (1-3), élimination en coupe de France sur tapis vert face à Longuenesse alors que j’étais tellement heureux des débuts prometteurs de mon frère avec les pros avec un but exceptionnel à la clé. Réunion de crise dès le début du mois de février. Nous mettons en place une nouvelle communication interne afin de relever la tête rapidement. Nous réalisons à ce moment que le seul moyen de monter, c’est de gagner les 13 derniers matchs et nous nous lançons ce dernier défi malgré tout un peu utopique. Nous débutons cette série immédiatement avec une magnifique épopée de 9 victoires d’affilée avec au passage une grande victoire contre nos voisins havrais (4-1) qui nous avaient malmenés à Deschaseaux. Le problème, c’est que sur ce match, je me claque la cuisse droite et je suis forfait jusqu’à la fin de la saison. Je vis donc les derniers matchs dans les tribunes avec une grande frustration.
Une fin de saison hitcockienne et douleureuse
Je me souviens de deux matchs : Brest et Créteil. Le premier, je le commente avec Pilou et nous faisons un non match face à une formation qui joue son maintien. Défaite terrible 2-1 adoucie par la défaite de Lorient à Valenciennes.
Le second, face à Créteil sera le match le plus fou que j’ai connu avec Malherbe. Une victoire 3-1 au terme d’une rencontre hallucinante où nous taperons 3 ou 4 fois les montants cristoliens. Incroyable malchance. Nous avions tellement envie de réussire, nous le méritions tellement…. mais le destin en avait décidé autrement. Grosse désillusion accentuée par mon forfait au championnat d’Europe.
Je me permets de faire un tour de stade afin de saluer une dernière fois les supporters caennais avec qui j’ai vécu de grandes émotions : la ligue 1, la coupe de la ligue 2005, cette fabuleuse épopée en ligue 2.
Mais mon avenir se situe ailleurs. C’était prévu en cas de non accession. Non sans amertume. Je suis d’emblée contacté par Bordeaux et Marseille. Je suis très tenté par les Girondins qui joueront la Ligue des Champions. Un atout non négligeable. Mais le discours phocéen est plus tranchant et l’OM correspond finalement mieux à mon tempérament de compétiteur. Les supporters olympiens sont à fond derrière moi et comme on dit le train ne passe qu’une fois…